Fedor Dostoïevski – « Les frères Karamazov »

Surtout, ne vous mentez pas à vous-même.

Celui qui se ment à soi-même et qui écoute son mensonge en arrive à ne plus distinguer aucune vérité, ni en lui-même ni autour de lui, et, donc, il entre en irrespect, tant pour soi-même que pour les autres.

S’il ne respecte personne, il cesse d’aimer, et, à défaut d’amour, pour s’occuper, ou se distraire, il s’adonne aux passions et aux délices grossières, et en arrive à une bestialité totale dans ses vices, et cela ne vient que du mensonge continuel, envers les gens et envers soi.

Celui qui se ment à soi-même est le premier à se sentir offensé.

Car il est très plaisant, parfois, de se sentir offensé, n’est-ce pas ? L’homme sait bien que personne ne l’a offensé, qu’il est le premier à s’être inventé son offense, qu’il s’est menti pour faire beau, qu’il a exagéré tout seul, pour se faire un tableau, qu’il s’est attaché à un mot et qu’il s’est fait une montagne d’un petit pois.

Il le sait bien et, malgré cela, il est le premier à s’offenser, il s’offense tellement qu’il se fait plaisir, qu’il en ressent une vraie jouissance et, par là même, il en arrive à une haine réelle.

(lecture de juin 2010)

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