Fedor Dostoïevski – « Les démons »

C’est de ce tableau là que j’ai rêvé, mais pas comme un tableau, non, comme si c’était une sorte de réalité.

Il s’agit d’un coin de l’archipel grec ; des vagues caressantes, bleu ciel, des îles et des rochers, un rivage fleuri, un paysage magique au loin, un soleil couchant et appelant – pas moyen de le dire avec ces mots.

C’est là que l’humanité européenne a gardé souvenir de son berceau, là que se passent les premières scènes de la mythologie, son paradis terrestre…
Là ont vécu des hommes de beauté ! Ils se levaient et se couchaient heureux et innocents ; les forêts s’emplissaient de leurs chansons joyeuses, la grande surabondance de leurs forces inexploitées s’épanchaient en amour et en bonheur tout simple.

Le soleil inondait de rayons ces îles et cette mer, heureux lui-même de ses enfants si beaux.

Rêve inouï, erreur sublime ! Songe le plus invraisemblable de tous les songes qui ont jamais été, songe auquel toute l’humanité, durant toute sa vie, a donné toutes ses forces, pour lequel elle a tout sacrifié, pour lequel les prophètes se sont fait crucifier et sont morts et sans lequel les peuples ne veulent pas vivre et même ne peuvent mourir.

(lecture d’avril 2010)

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