Leon Tolstoï – « Guerre et Paix »

La tradition biblique rapporte que la félicité du premier homme avant la chute avait pour condition l’absence de travail, l’oisiveté. L’homme déchu a conservé le goût de l’oisiveté, mais la malédiction pèse sur l’homme non pas seulement parce que nous devons gagner notre pain à la sueur de notre front mais parce que, en vertu de notre nature, nous ne pouvons être à la fois oisifs et en paix. Une voix mystérieuse nous dit qu’il est coupable d’être oisif. Si l’homme pouvait se trouver dans une situation où tout en demeurant oisif il sentirait qu’il est utile et remplit son devoir, il retrouverait une des conditions de la félicité originelle. Or, toute une classe, la classe militaire, jouit de cette oisiveté qui lui est imposée et ne peut être blâmée. C’est dans cette oisiveté irréprochable et obligatoire qu’a toujours résidé et que résidera toujours le principal attrait de la vie militaire.

(lecture de septembre-octobre 2009)

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